• Date : 07/05/2021
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Suite à la vente aux enchères, les propriétaires demandent à être indemnisés

Voici un article du Dauphiné de ce jour 7 mai 2021, donnant quelques nouvelles suprenantes, et dans lequel l'Association Les Amis de Fort Queyras est interpellée par les propriétaires.

 

La famille Marty s’estime lésée. Pour eux, la récente vente aux enchères du fort Queyras (Château-Ville-Vieille) serait entachée de plusieurs irrégularités.
Yoann GAVOILLE Le 7 mai 2021 à 15:18 – Mis à jour le 7 mai 2021 à 17:32

François Marty se dit « stupéfait ». Son père Roland Marty est, lui, carrément « furieux ». Les deux associés de la SCI Saphir sont fortement courroucés par l’adjudication du fort Queyras le 15 avril dernier pour 661 000 euros à une société immobilière d’Aix-en-Provence. De cette vente aux enchères organisée au tribunal de Gap par leur banque, les Marty en espéraient environ 2 millions d’euros pour solder un passif financier. Le compte n’est donc pas bon. À défaut de surenchères dans un délai de dix jours , ils ont donc décidé de contre-attaquer. De prendre les devants. Pour tenter de gagner du temps et de l’argent.

« Un travail de sape auprès de possibles acheteurs »

« Quelque chose ne va pas. Le prix de l’adjudication est ridiculement bas alors que nous avions reçu des offres d’investisseurs en décembre dernier. Entre-temps, le maire a répandu l’idée que, peut-être, il pourrait préempter le fort pour s’en porter acquéreur au nom de la commune. C’est une faute. Avec l’appui de l’association Les Amis de fort Queyras, ils ont réalisé un travail de sape auprès de possibles acheteurs. Nous allons déposer une plainte pour trafic d’influence et escroquerie à l’encontre du maire. Individuellement, chaque membre du conseil municipal et chaque membre du directoire des Amis de fort Queyras seront également visés pour des faits de complicité. Ils ont tous fait croire qu’ils avaient les moyens financiers de préempter alors que c’est faux, sauf à augmenter nettement les impôts locaux. Tout ceci est ridicule. Pour le préjudice subi nous allons demander environ 8 millions d’euros de dédommagement ce qui correspond à l’estimation du fort refait à neuf par les experts et le montant de l’adjudication. Nous avons été spoliés, avec préméditation qui plus est : donc il est normal de saisir la justice. Les principaux concernés vont recevoir prochainement leurs lettres de mise en demeure », prévient François Marty qui dit, toutefois, ne nourrir aucune animosité personnelle à l’encontre du maire de Château-Ville-Vieille, Jean-Louis Poncet.

« Des investisseurs intéressés mais inquiets des pressions »

« La preuve, je suis favorable à la mise en place de la tyrolienne qu’il souhaite installer et je suis d’accord pour modifier le tracé de la via ferrata qui longe le fort. Étant donné qu’on est partis pour quatre ou cinq ans de procédures, ça ne me dérange pas de faire un pas vers lui. Je lui en veux, mais je l’aime bien ».

Une procédure que la famille Marty compte étayer de « preuves ». « J’ai en ma possession des courriers d’investisseurs intéressés par le fort mais inquiets des pressions exercées par la mairie sur un supposé droit de préemption. Des investisseurs qui demandaient le retrait du droit de préemption dans les conditions de la cession ».

Pour la famille Marty, la vente aux enchères aurait donc été biaisée. À double titre. Car ils s’estiment également victimes du calendrier et du contexte sanitaire. « Nous allons saisir la cour d’Appel de Grenoble pour contester le jugement de l’adjudication. Nous aurions dû obtenir un report de cette vente aux enchères en raison du confinement, en raison de l’impossibilité d’ouvrir le fort pour le faire visiter à des investisseurs étrangers ou franciliens, en raison des restrictions de déplacement décidées par le président de la République. ».

Jean-Louis Poncet, maire de Château-Ville-Vieille : « Toutes les accusation de M. Marty sont infondées »
« Je ne suis pas au courant de cette mise en demeure ni de cette demande de dédommagement. Je n’ai pas encore reçu de courrier à ce sujet. De toute façon, je n’ai jamais dit que j’allais préempter le château mais que nous avions un droit de préemption. Un droit que nous allons examiner lors du prochain conseil municipal le 10 mai. À l’instant T, nous ne savons pas si nous allons préempter donc toutes les accusation de M. Marty sont infondées. De toute façon, si je reçois cette mise en demeure, je l’assigne à mon tour devant les tribunaux parce qu’il ne peut pas faire tout ce qu’il veut M. Marty. Il est bien gentil mais le conseil municipal a quand même le droit de réfléchir, de travailler, d’élaborer des projets. Ce n’est pas lui qui décide de l’ordre du jour du conseil municipal et ce n’est pas lui qui décide du droit de préemption ».

Le fort ouvert au public dès le 19 juin

Malgré l’agitation juridico-politico-financière en coulisses, « le fort Queyras sera ouvert au public du 19 juin jusqu’au 19 septembre », assure François Marty, par ailleurs cogérant de la société qui exploite le volet commercial du fort.

« Nous avons toutes les autorisations pour proposer des visites historiques, des fêtes médiévales, des expositions, des activités artistiques. C’est bien pour l’attractivité du territoire. »

Nous nous réservons le droit de réagir. A suivre...